attention travaux
Le château de lichtenberg est à proprement parler une forme vivante d’architecture. Plus qu’une ruine figée, les diverses mutations qu’il a subit en termes d’usages se manifestent en termes de structures.
Les modifications apportées aux bâtisses se lisent dans une succession et un enchevêtrement de strates et de détails.
Ces détails que l’on ne remarque que par une lecture attentive du lieu, comme l’empreinte du donjon du XIIIe siècle, les frontons renaissance du pavillon des dames, les contreforts de l’arsenal et enfin les dernières introductions d’architecture contemporaine, permettent de lire l’histoire mouvementée du lieu, comme autant de cicatrices, d’amputations, de greffes, de prothèses.
On dépasse les questions d’esthétique, l’enjeu est de maintenir le lieu en vie, voir de le réanimer. coriace, le château a résisté aux brûlures de 1870, aux velléités d’euthanasie proposées par vauban le décrivant comme un trou bon à raser.
Aujourd’hui sa reconversion en pôle culturel le réveille de son coma.
C’est cette histoire mouvementée, riche de transformations qui fait le patrimoine du château.
nos observations nous conduisent à proposer au contraire d’une forme figée, une forme en mouvement, en mutation : des pansements évolutifs collés à l’architecture, épousant les différentes géométries du château.
La signalétique a un caractère provisoire et temporaire, elle n’est là que pour aider à la guérison. elle joue un rôle symbolique comme le plâtre qu’on se fait dédicacer par ses amis, pour mieux supporter la convalescence, et fait de ce temps de chantier un événement.
Le château exhibe fièrement ses pansements, preuve qu’il n’est plus à l’agonie mais que la rémission est proche : une fois ses pansements enlevés, il aura enfin cicatrisé après plusieurs années d’acharnement thérapeutique.
Exposition-parcours signalétique.
Château de Lichtenberg (F-67).
Client : Parc Régional des Vosges du Nord
Graphisme : Stéphane Riedinger
Design : V8designers
Livraison : mars 2008
